Un blog est-il fait pour durer?
Ces derniers temps, ma vie ressemble à une suite continue d'heures passées sur l'ordinateur. J'ai découvert récemment que j'étais une personne ambitieuse. Chose à laquelle je ne m'étais jamais autorisée à penser, car très profond en moi il y a la croyance nocive qui dit: " être ambitieux c'est vouloir écraser les autres". En fait, il n'en n'est rien et je suis même fière de reconnaître que j'ai effectivement une volonté propre très forte qui me pousse à faire des choses dans un sens plutôt que dans un autre.
La création d'une association ( Medulla) pour la diffusion de l'art contemporain dans des lieux publics m'a pris beaucoup de temps. C'est à la fois un travail en soi, mais aussi une contribution à insérer dans la société des "oeuvres-images" qui parlent à notre imaginaire et nous connectent à nous-mêmes. Je trouve qu'on manque de ce genre d'opportunité dans les villes, souvent trop bétônnées et envahies de publicité;
Avec toutes ces activités, je n'ai plus beaucoup d'énergie à consacrer à ce blog que j'anime. La question que je me pose est la suivante: un blog "perso" est il fait pour durer? J'ai mis toute ma joie de vivre et mon énergie à vous faire partager des humeurs et des points de vue qui se veulent plutôt distrayants (il y a sans doute une faute d'orthographe quelque part, trouvez-la!), qu'engagés vis à vis de l'actualité par exemple. Et là, je me demande ce que je peux vous apporter de plus. Si moi-même j'ai du mal à rêver,trop prise par un quotidien à toute vitesse, que vous raconter pour vous détendre?
De plus, un petit détail pratique m'oblige à réfléchir sur la suite donnée à ce blog; Je vais bientôt changer d'opérateur internet, et avec lui, le blog disparaitra. Dois-je consacrer du temps à recréer un outil de communication altruiste et cependant nombriliste? Je vous le demande. Si vous êtes sympa, prenez 2 minutes pour me répondre! ça fera avancer le Schmilblick.
Pas le temps de relire, sorry pour les fautes et les maladressses, bien à vous tous.
Justine
Don't Stop
Rédigé par: roux | jeudi 17 avril 2008 at 07:54
Hello Justine,
Pour une fois, je vais essayer de faire court.
Je comprends que ce soit décevant de devoir tout recommencer à zéro, mais nous, tes lecteurs, on patientera jusqu'à l'apparition du nouveau blog, car même si je n'interviens peu, je te lis très très régulièrement avec grand plaisir, intérêt et je n'aimerais pas arrêter de lire ce que tu deviens, ce que tu fais, tes réflexions sur notre mondre ou plus personnels, après notre brève rencontre.
Ok, ce n'est pas nous qui passons des heures derrière un ordi mais on t'encourage à continuer si ton envie est là.
Rédigé par: Agnès | samedi 15 mars 2008 at 19:51
Parfait.
Pour digérer comme il faut l'excellent commentaire de Nicolas M, tu dois signer pour un an de blog supplémentaire. cqfd
Rédigé par: B | jeudi 13 mars 2008 at 09:14
Bonjour Justine,
Je suis intervenu très peu sur ton blog — et même une seule fois. Aussi, j’espère que ma note discordante ne sera pas mal prise par tes fans. Si j’ai bien compris le contexte :
1) tu considères que tu passes trop de temps devant un ordinateur
2) tu voudrais utiliser ton énergie à faire d’autres choses, notamment t’occuper de Medulla.
3) pour continuer ce blog, tu dois procéder à des manipulations techniques fastidieuses et t’en dispenser est un argument pour arrêter
et la question : un blog est-il fait pour durer ? (4)
3) Je crois comme certains l’ont un peu dit que le point n°3, mineur, brouille les pistes et complique le problème. Je pense qu’il est meilleur pour la santé de régler les vrais problèmes plutôt que de s’en sortir par l’utilisation d’un prétexte auquel on ne croit même pas. Cela permet, je pense, de progresser.
4) La question « un blog est-il fait pour durer ? » ne me semble pas pertinente. Il s’agit d’une généralisation, un délayment de l’exposé de ton problème jusqu’à lui en faire perdre sa spécificité. Dans la mesure où j’interprète correctement, je comprends tout à fait ce souci de ne pas sortir excessivement de l’ordinaire car c’est rassurant et faire quelque chose de trop nouveau, c’est s’exposer. Mais dans le cas qui nous intéresse, le danger me semble minime, dans la mesure où rien n’est inéluctable. Je veux dire que dans 6 mois, les choses ayant encore changé, tu pourras te remettre à faire tourner le blog et prévenir ton monde par email !
1) Je pense que toute mono-activité, comme ici passer sa vie sur l’ordinateur, n’est pas une bonne chose. Il vaut mieux diversifier et tenter d’autres expériences. La vie sur Internet a quelque chose d’illusoire. Elle manque cruellement de subtilités, ces subtilités qu’apporte le non verbal. Je pense qu’Internet est très utile pour la transmission d’informations objectives, très mauvais pour gérer les émotions, et pas top pour approfondir des relations. Il me semble par ailleurs que tu avais écrit que t’ancrer dans ton corps te permettait de cultiver ton optimisme. Or, l’ordinateur a tendance à couper de la vie. Il rapproche mais ce rapprochement ne se fait pas sans une théatralité ambiguë, formatrice puis décevante. Car ce que tu as mis sur le blog, c’est quelque chose de théâtral, une sorte de meilleur de toi-même, mais aussi quelque chose de trop maîtrisé pour que tu puisses vérifier que tes lecteurs t’apprécient malgré tes défauts. L’ambivalence est là : être aimé-e pour ses qualités, c’est formidable mais être aimé-e uniquement pour ce qu'on montre, c’est lassant et quelque peu auto-manipulatoire. Parler de soi sur Internet peut créer un clivage psychique et faire une cure sans blog personnel, je pense, te permettra de te retrouver : tiens, ça, je ne le raconterai pas... alors quoi ? Car se raconter, c’est aussi, à la marge, se raconter des histoires. Une telle logique apporte des trésors, mais sur la durée, elle s’épuise d’elle-même. Il m’est arrivé de croire qu’un colistier me comprenait très bien et notre échange était profond et durable. Eh bien, j’ai cessé de lui répondre par négligence, en me disant que je le ferai le dimanche et je me suis rendu compte qu’il ne me manquait nullement. Une telle attitude suggère que j’accorde plus d’importance aux relations de visu qu’à celles pratiquées sur Internet. C’est mon point de vue personnel, sachant que je ne suis guère spécialiste. Le mieux, je pense, est de prendre cette décision de la même façon que tu as réussie ta conversion. Donc en (re)prenant conscience des conditions de ta réussite spirituelle et en l’imitant avec une fidélité de fer.
4) Il est difficile d’annoncer un changement qui influe sur la vie des autres sans provoquer une réaction de leur part. Aussi, tu as le choix, me semble-t-il, entre prendre les encouragements que tu as reçus dans le sens d’un retour sur ta décision et les prendre comme l’expression d’un jugement très positif sur ton activité de blogueuse.
Le changement ? Je t’invite à lire deux contes du sublime HC Andersen : le Lin et le Sapin.
Dois-je effectuer un changement important dans ma vie ?
Je connais très peu la peinture, mais en musique, tu as des compositeurs qui écrivent une cinquantaine de fois à peu près le même opéra comme Haendel, d’autres qui subissent un virage abrupt comme Chostakovitch qui après la seconde guerre mondiale se met à écriture la musique la plus sinistre, monumentable et grinçante du monde ou encore le grand Beethoven qui ne cesse de progresser et de se remettre en question quasiment après chaque opus publié (qui croirait que le finale lourdingue de la Cinquième symphonie et le merveilleux scherzo de la sonate « le Printemps » pour piano et violon sont du même homme ? Ou même, tiens, le deuxième mouvement de la 14e sonate et le troisième ?)
Je considère que chaque fois que l’on pense avoir fait le tour d’une question et qu’on a envie de changer, il faut changer, sinon la situation peut moisir. L’abandon de ce blog te permettrait de suivre le conseil que te donne ta nouvelle définition de l’ambition, et que l’on peut aussi appeler, je pense, désir de travailler éventuellement pour acquérir de l’importance sociale. Il est possible de croire que tu avais déjà compris que l’ambition, ce n’était pas écraser les autres lors notamment de ta conversion qui t’a amené de l’esc à l’ART. Une telle différence de définition est due, je pense, à la différence qui existe entre les relations de pouvoir et les relations humaines. Dans un milieu saturé de pouvoir, il n’est pas possible de travailler sans dominer les gens ni accepter la domination de la hiérarchie ou des clients ; dans un milieu structuré autour du don et de la gratuité (ce qui est le cas de l’art), il est possible d’éviter que les relations soient uniquement constituées de pouvoir, de sorte que l’ambition, ça devient presque vouloir donner plus. Tu vois, avec moi, ce n’est même plus « travailler plus pour gagner plus », c’est « travaillez plus, point ! » :-)
Tu sembles également ne pas séparer deux choses différentes : le changement et la rupture. Un changement peut ne pas se traduire par une rupture. Je suis plutôt pour les évolutions bien négociées, pour prendre appui sur l’ancien pour former le nouveau. Tu peux donc envisager une solution médiane qui consisterait à t’occuper de ton blog quand tu as le temps, x fois par an. Les fans pourront renouveler leurs centres d’intérêt en consultant d’autres blogs ou d’autres sites, ou en prenant la relève (pas seulement pour les aspects techniques) : cela fera un blog fondé site par Justine mais désormais sans Justine, ou avec une Justine désormais discrète. Ce qui te permettrait, justement, de négocier le changement. En tout cas, des amis/fans comme ça, ça ne donne pas envie de les décevoir, hein ? :-)
J’espère avoir éclairé un ou des aspects de ton interrogation que tu n’aurais éventuellement pas vus mais j’ai pourtant un avis assez tranché : je suis pour le changement, sans toutefois être sûr de mon coup.
Enfin, il y a une liberté dont les Français (ou les débats à la télévision française?) parlent peu ; il s’agit non pas de celle, glorieuse et inscrite au fronton de nos institutions, qui se prend, mais de celle qui se donne. La première est la liberté qui commence là où s’arrête celle des autres et pour la deuxième, il faudrait inventer un autre aphorisme. Pourquoi pas : La liberté naît là où commence l’amour porté par autrui. La première se fait dans la violence, la deuxième dans l’amour. Il s’agit bien sûr d’une « violence » extrêmement minuscule dans le cas qui nous occupe, de même qu’il s’agit plus d’amitié internautique avec (peut-être) une possessivité théâtralisée que d’« amour » au sens romantique du terme. Pourtant, choisir la rupture malgré autrui, c’est moins beau et moins bien, pour toi, sur l’instant et sur la durée, que de recevoir la liberté des mains de ceux qui a priori désirent le non-changement.
Rédigé par: Nicolas M | mercredi 12 mars 2008 at 23:00
Ma chère! Décidément ma réponse est non!
Grace à ton blog je pourrai garder un lien avec ce qui t'arrive et avec tes pensées meme quand je ne serai plus ici! Plus qu'un mail, c'est vraiment le miroir de ta personnalité, ça m'aidera à me sentir moins loin de toi à partir de septembre. Mais il ne s'agit pas du pur egoisme, je crois que c'est tout à fait écrit dans toi-meme cette volonté/besoin de communiquer. Dis-moi si je me trompe!!
Rédigé par: Ste | mardi 11 mars 2008 at 10:03
Moi, je suis d'accord mot pour mot avec ce qu'écrit un certain B (B, B, mais qui cela peut-il bien être...?). Tellement d'accord que, pour être cohérente, je ne vais pas me fatiguer à le reécrire.
Keep on !!
Marie
Rédigé par: Marie | mardi 11 mars 2008 at 09:23
tout a fait d'accord pour ne pas arreter.
sinon tu as des plans pour la corse ?
Rédigé par: celine | samedi 08 mars 2008 at 19:11
Salut Justine
Comme ni moi ni tes nombreux fans (ni toi?) on peut se passer de ton blog, voilà ce que je te propose : Tu sais que je veux me mettre à la création de sites web en logiciel libre, les blog ça rentre aussi la dedans. Donc si tu veux j'essaye de faire l'ossature de ton blog.
Ca sera long et fastidieux parce que l'idée c'est que j'apprenne de la programmation en même temps (afin de créer le design du blog et pas utiliser un truc tout fait). Donc je te propose la solution la plus lente et la plus foireuse qui soit, ce qui éventuellement te donnerait le temps de faire autre chose en attendant!
C'est une proposition en l'air et j'ai pas bien étudié la question.
Tiens bon!
Rédigé par: math | samedi 08 mars 2008 at 10:09
arrête pas pour une histoire d'opérateur internet!
Ça serait pas un bonne occasion de faire un nouveau blog avec un hébergeur qui ne t'assujettis pas à un abonnement?
Rédigé par: math | vendredi 07 mars 2008 at 21:26
Ma Chère Justine,
Tu connais mon opinion sur le sujet, mais je te l’écris quand même afin que tout soit clair et que cela se sache. Tout d’abord j’apprécie et j’admire le travail que tu fournis pour animer ce blog. Cela prend beaucoup de temps, ne rapporte rien et parfois même t’apporte des critiques (un comble !). L’immense majorité de nous n’a pas cette énergie et ce désintéressement. Si ça ne rapporte rien, on ne le fait pas. C’est ce qui te distingue la grande masse des zombies, des métro-boulot-dodo et des partisans du moindre effort, et il faut t’en féliciter. Ensuite, ton blog est d’excellente qualité. Je renonce à énumérer les articles particulièrement réussis que tu as rédigés car j’en oublierai trop d’excellents. Aujourd’hui je ne pense pas que tu ais fait le tour de tout ce que tu avais à dire, et nombreux sont ceux qui continueront à te lire avec assiduité. Car dis toi bien que si parfois tu es déçue par le peu de commentaires reçus, saches que ce n’est pas parce que tu n’es pas lue, mais parce que nous sommes des flemmards. Enfin, pour ce qui est des problèmes techniques (changement d’opérateur Internet), ce n’est pas insurmontable, tu n’auras qu’à informer de la nouvelle adresse du blog à ta liste de fidèles lecteurs et le tour sera joué. Si par les temps qui courent, tu as du mal à tout faire, alors il n’y a qu’à espacer ta production d’articles, et chaque fois qu’un nouveau est publié, nous en avertir, par tes mails de teasing dont tu as le secret. Bon je sais que tout cela est facile à dire dans ma position de lecteur passif. Je vais tout de même te livrer la citation du jour, qui a été dite par Charles Darwin : « You have power you never dreamed of. You can do things you never thought you could do. There are no limitations in what you can do except the limitations of your own mind”. Si avec ça tu rends les armes…
Rédigé par: B | jeudi 06 mars 2008 at 16:14
Ecoute, je suis pas sûre que cela t'aide vraiment mais je me pose exactement la même question depuis quelques temps et étais en train de chercher une façon de dire 'au revoir' à mes visiteurs. En tous cas, c'est/c'était toujours un plaisir de lire tes posts et je ne t'en voudrais pas d'arrêter là ta blog-story.
Rédigé par: Stef | jeudi 06 mars 2008 at 13:38
Je crois qu'il n'y a pas une réponse à ça: il y a TA réponse puisqu'on parle de ton blog. J'aime bien visiter ton blog régulièrement: ça m'a permis de te connaître un peu mieux, de m'ouvrir un peu plus/autrement. En même temps, il y a tellement d'autres interactions possibles avec toi et les gens en général. Alors, ... suis ce que ça te dit à l'intérieur !
Rédigé par: ema | jeudi 06 mars 2008 at 11:54